| La
liberté de choix: une politique pour
réformer le système éducatif
en France |
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A
l'heure où une véritable révolution
éducative se produit dans de nombreux pays étrangers
autour de la liberté de choix, le système
éducatif français est toujours organisé
selon un principe centralisateur qui ne laisse aucune
place au choix. Cependant une
étude d'opinion récente démontre
que 90 % des Français souhaitent obtenir la liberté
de choisir l'école de leurs enfants, ce qui un
encouragement évident pour réformer le
système éducatif.
Document de travail
Le
système éducatif public français
est souvent qualifié de « mammouth »,
ce qui donne une idée de sa pesanteur et de son
inadaptation aux besoins actuels de nos sociétés.
La
réforme de ce système, la rénovation
du service public de l’éducation devient
plus que jamais une priorité si la France veut
pouvoir rester compétitive face à d’autres
pays qui mettent en place des systèmes éducatifs
fondés sur le libre choix.
Ce
libre choix n’existe pas en France. Il reste à
inventer, à implanter. L’objectif ici est
donc de faire une brève analyse du système
éducatif et de mettre en place quelques pistes
pour réformer notre système éducatif.
La
gestion de l’Education nationale
La
gestion du système éducatif est déficiente
car elle correspond à ce qu’un économiste,
Charles Gave (site), a récemment qualifié
d’économie communiste (article). Quatre
critères indiquent que le système éducatif
public français est fondé sur un principe
de gestion communiste.
• Tout d’abord, l’ignorance des notions
de rentabilité et de profit : le capital consacré
à l’éducation est investi sans jamais
que n’interviennent les notions de rentabilité
et de profit. L’argent est injecté selon
un processus politique par le budget de l’Etat.
• Ensuite l’existence d’un fonctionnariat
et syndicalisme subventionné : les enseignants
possèdent tous le statut de fonctionnaires et
la grande majorité d’entre eux appartiennent
à des syndicats dont l’influence est décisive
sur les destinées du système éducatif
et qui sont de surcroît subventionnés par
l’Etat.
• Puis l’inexistence de l’offre et
de la demande : cette notion ne fait le plus souvent
pas partie des enseignements à l’école
et n’est pas prise en compte pour gérer
les personnels de l’Education nationale. En somme,
l’Ecole n’est pas conçue pour répondre
aux besoins du marché (société
des agrégés). En toute logique, et selon
les deux critères précédemment
décrits, le système scolaire est établi
en dehors des règles de l’offre et de la
demande. Précisément, il n’y a qu’une
offre, celle de l’Etat, que l’on peut qualifier
d’offre obligatoire.
• Enfin, l’existence d’un monopole
: ce système éducatif ne peut donc pas
accepter la concurrence, et c’est pourquoi il
fonctionne selon le principe du monopole.
La
sectorisation
Ce
système étatique refusant l’offre
et la demande ne peut donc accepter que les parents
choisissent l’école de leur enfant. C’est
donc logiquement que le système éducatif
français s’est organisé autour de
la sectorisation qui détermine, selon des critères
géographiques, dans quel établissement
doit être scolarisé un enfant, les parents
n’ayant pas voix au chapitre.
Ce
système a certes été nécessaire
a un moment donné de l’Histoire, afin de
donner à tous l’égalité des
chances et de gérer à la fois la croissance
démographique et la démocratisation de
la société française.
Mais
d’avantage social, la sectorisation est devenue
un obstacle à la justice sociale, montrant son
inadéquation et son inadaptabilité face
à une société française
qui évolue plus vite et qui se diversifie toujours
plus.
Les
effets pervers
En
outre, dans une société moderne fondée
de plus en plus sur le libre choix, chacun revendique
ce libre choix et se trouve donc amené à
contourner un système monopolistique et monolithique.
La
liberté de choix existe dans le système
éducatif public français seulement pour
deux catégories de personnes : ceux qui connaissent
les méandres ou les failles du système
éducatif, et ceux qui possèdent des moyens
financiers.
Pour
les premiers, tout consiste à avoir les connaissances
du milieu éducatif, ce qui est souvent réservé
aux enseignants eux-mêmes. Ainsi, ils choisissent
pour leurs enfants l’établissement qui
siéra le mieux, c’est-à-dire celui
qui offre les meilleures options éducatives et
surtout une classe préparatoire ce qui permet
d’éviter la cohue universitaire.
Pour
les seconds, l’argent est le moyen du libre choix
: le bon établissement scolaire public se trouve
généralement dans un quartier plutôt
aisé. Il faut y habiter ou bien y avoir une adresse.
C’est alors la multitude des techniques grises
qui vont de la location d’un studio à l’adresse
officielle chez les grand-parents. Des pratiques connues
et tolérées. Sans parler bien sûr
du choix de l’établissement privé
qui implique toujours une certaine aisance financière
ou un arrangement pécunier qui nécessite
toujours de bien connaître les dirigeants d’établissement.
Mais
qu’en est-il pour la majorité des familles
qui ne connaissent pas les subtilités du cursus
scolaire et universitaire ou qui, sans être pour
autant pauvres, n’ont pas assez de moyen pour
déménager, prendre un studio ou faire
le choix du privé ? Elles sont laissées
au piège de la sectorisation, cette partition
géographique qui bloquent les élèves
dans des établissements n’offrant pas toujours
les choix auxquels ils aspirent ou de faible niveau
sous prétexte qu’ils habitent la mauvaise
rue.
Ainsi,
ce qui avait été voulu comme un système
égalitaire produit en fin de compte donc des
inégalités et augmente une fracture sociale
qui aujourd’hui menace l’équilibre
social de la France en bloquant ceux qui n’ont
pas les moyens de contourner dans une véritable
ghettoïsation scolaire et sociale dans leur quartier.
Devant
ces effets pervers manifestes, le service public de
l’éducation ne bouge pas et se fossilise
alors que la vitalité de la société
moderne requiert plus que jamais une grande capacite
d’adaptation. La question est alors : d’où
peut venir l’innovation ?
Un
secteur privé étatisé
La
France présente là encore une spécifité
structurelle qui fait obstacle aux innovations efficaces
pour deux raisons :
Historiquement
: l’anatomie et le partage du système éducatif
sont issus d’une lutte historique entre l’Eglise
et l’Etat qui a abouti à ce que la quasi
totalité du secteur privé soit monopolisé
par une seule et même institution, l’Eglise
catholique. Vestige de l’Histoire, 95% des institutions
privées sont sous l’égide de l’Eglise
catholique, ce qui a pour conséquence de créer
une sorte de monopole de fait qui n’est pas sans
conséquence sur la gestion du secteur privé.
Ainsi l’Etat a un seul interlocuteur privilégié
ce qui facilite les accords, tels que nous les verrons
plus bas, et la maîtrise de ce secteur.
Statutairement
: les institutions privées sont sous contrat
(soit 99% des institutions privées, le secteur
privé hors contrat étant d’importance
anecdotique). Le secteur privé évolue
sous le poids des pesanteurs du secteur public :
• C’est d’abord une question de statut
: les enseignants du privé sont assimilés
fonctionnaires. A ce titre, ils ont une notation et
une progression de carrière semblables à
celles de leurs collègues du public, avec cependant
des rémunérations moindres. Les chefs
d’établissements du privé ne recrutent
pas les enseignants de leur choix.
• En effet le recrutement des enseignants du privé
se fait par concours, identiques en tous points à
ceux du public puisque tous se retrouvent dans les mêmes
IUFM.
• Cela implique que les programmes enseignés
sont les mêmes puisque de toute façon l’objective
final de la scolarité est unique : la baccalauréat,
un monopole docimologique qui sécurise le système
éducatif français.
Nous
sommes donc en face d’un secteur privé
que l’on peut dire pratiquement étatisé
dans le statut de ses enseignants, dans ses programmes
et dans ses objectifs. Il n’y a donc que peu de
chance de trouver de réformes structurelles de
fond de ce côté.
Certes
le privé sous contrat est plus sensible aux notions
d’offre et de demande, et donc aux notions de
profit et de rentabilité, car les élèves
y viennent non pas par obligation géographique,
mais bien en raison d’une compétence éducative.
En ce sens, il y a bien une concurrence, même
si cette concurrence est régulée dans
des instances rassemblant les décideurs des établissements
privés d’une même aire géographique.
Le
chemin de la réforme
Le
chemin reste à tracer.La formation du capital
humain est devenu un marché et nombre de services
publics de pays étrangers s’y sont adapter
et y ont trouver une réelle rénovation.
Il
s’agit donc de rénover le service public
de l’éducation en introduisant de nouveaux
moyens de gestion qui permettront à l’éducation
non plus d’être régulée à
partir de l’offre, c’est-à-dire de
l’Etat, mais de se réguler selon la demande,
c’est-à-dire les parents.
Cette
nouvelle gestion sera fondée sur un principe
essentiel qui est la liberté de choix ce qui
implique deux autres notions importantes :
• celle de financer l’instruction (donner
l’argent aux parents) et non de l’école
(financer les établissements scolaires) en accordant
aux parents la liberté de choisir l’école
de leurs enfants.
• celle d’introduire la concurrence au sein
du service public d’éducation, en faisant
confiance aux enseignants en leur accordant un statut
d’autonomie de l’établissement scolaire.
Une
réforme efficace du système d’éducation
ne peut donc s’effectuer qu’à partir
de la politique du libre choix, utilisant trois outils:
• le chèque éducation,
• l’établissement autonome,
• l’école à domicile.
Il
est donc nécessaire d’étudier et
d’observer les expériences étrangères,
tant en Europe, qu’en Amérique ou en Asie,
car de nombreuses réformes ont été
mises en place, selon les contextes sociaux et économiques,
pour répondre à une seule demande : la
liberté de choix.
C’est
ainsi que, loin de se figer dans une seule méthode,
nous avons le choix de la méthode pour mettre
en place en France un libre choix scolaire « à
la française ».
Les
trois outils du libre choix sont encore a créer
en France. Mais un recensement sommaire, grâce
au site de Milton Friedman, le concepteur du chèque
éducation, permet déjà de prendre
conscience des différents systèmes. Pour
plus d’information lire : The
ABC’s of School Choice, dont la suite est
une traduction du glossaire.
Chèque
scolaire - Vouchers
•
Chèque scolaire universel - Universel Vouchers
Programs
Permettre
aux parents, quelque soit leur revenu, le lieu où
ils vivent etc., de diriger une partie ou la totalité
des fonds consacrés à l’éducation
par le gouvernement vers l’établissement
scolaire de leur choix, qu’il soit public ou privé.
De cette manière, le gouvernement finance l’éducation
et non plus l’école.
Exemple : Suède
•
Chèque scolaire pour l’inscription - Means-Tested
Voucher Programs
Permettre
à des familles pauvres dont les revenus correspondent
à des critères spécifiques, d’utiliser
les fonds consacrés à l’éducation
par le gouvernement pour payer la totalité ou
une partie du montant de l’inscription dans l’école
de leur choix, qu’elle soit publique ou privée.
Exemple : Cleveland, Milwaukee, Colorado
•
Chèque scolaire pour élève en difficulté
ou élève dans une école en échec
- Failing Schools, Failing Students Vouchers
Permettre
aux parents dont l’enfant est en situation d’échec
ou qui va dans une école qui n’obtient
pas de bons résultats d’utiliser les fonds
consacrés à l’éducation par
le gouvernement pour envoyer leur enfant dans une école
publique ou privée dont les résultats
sont plus performants.
Exemple : Floride, Colorado
•
Chèque scolaire pour éducation spécialisée
- Special Education Voucher Programs
Permettre
aux parents qui ont un enfant qui besoin d’une
éducation spécialisée d’utiliser
les fonds consacrés à l’éducation
par le gouvernement pour envoyer leur enfant dans l’école
de leur choix, qu’elle soit publique ou privée.
Exemple : Floride
Avoir
fiscal - déduction d’impôt - Tax
credits - tax deduction
•
Avoir fiscal direct ou déduction d’impôt
directe - Direct Tax Credits - deductions
Donner
le droit aux parents demander un avoir fiscal ou une
déduction sur leur impôt pour leur dépenses
éducatives approuvées par les autorités
compétentes, dépenses incluant les livres,
les fournitures, les ordinateurs, les professeurs particuliers
et, dans certains cas, l’inscription et le transport.
L’avoir fiscal est un remboursement total des
dépenses approuvées. Les déductions
ne fournissent généralement qu’un
pourcentage de remboursement des dépenses approuvées.
Souvent l’avoir fiscal et les déductions
ont un plafond ou une limite sur la somme que peuvent
réclamer les parents.
Exemple : Minnesota, Iowa, Illinois
•
Bourse venant de l’avoir fiscal - Scholarship
Tax Credits
Les
contributions déductibles des impôts sont
collectées des individus et des corporations,
ces sommes étant données à des
organisations qui distribuent les bourses. Ces organisations
donnent alors les bourses aux enfants pour couvrir les
frais d’inscription en école privée,
pour les professeurs particuliers et, dans certains
cas, les transports. De manière générale,
la loi requiert que les familles qui bénéficient
de ces bourses remplissent certains critères
de revenus. En outre ces familles doivent correspondre
aux directives de l’organisation distribuant les
bourses.
Exemples : Floride, Pennsylvanie, Arizona
Etablissements
autonomes - Charter Schools
Les
établissements autonomes sont des établissements
publics sous l’autorité des collectivités
locales qui affranchissent les dirigeants et l’équipe
éducative des directives et des obligations du
rectorat sous la garantie (contrat) d’atteindre
les objectifs déterminés par les autorités
compétentes.
Exemple : 39 Etats des Etats-Unis, 2700 établissements
pour 684000 élèves. Grande-Bretagne
Ecole
à domicile - Homeschool
Ce
sont des parents ou groupe de parents qui choisissent
d’éduquer leurs enfants à domicile
plutôt que dans une école public ou privée.
Des moyens de financement tels que l’allocation
scolaire ou l’avoir fiscal permettraient aux parents
choisissant l’école à domicile de
ne pas payer deux fois l’éducation, une
fois par l’impôt, une autre pour éduquer
l’enfant à domicile.
Exemple : en 2001-2002, deux millions d’enfant
à domicile.
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